Trouver les mots pour revenir

J'ai voulu mille fois écrire des mots ici, pour vous dire comment moi j'avais vécu les choses, comment moi je vois les choses, mais mille fois j'ai pas su par ou commencer. On a vécu les dernières 72h scotchées à nos écrans, scrollant sur Twitter, sur Facebook, relisant les mêmes statuts milles fois, regardant les mêmes photos, les mêmes vidéos, mille fois et plus. On a vécu en apnée. En léthargie. Et j'ai voulu arrêter le blog pendant trois jours, parce qu'en fait je n'en voyais plus bien l'intérêt. Qui s'intéresse à mes ongles, à mon chat, au contenu de ma boîte aux lettres ? Je savais bien qu'il faudrait revenir, et écrire quelques mots après ce silence. Pour expliquer ? Pour exprimer ? Je sais pas trop. J'ai fait tourner les mots dans ma tête, et à chaque début de phrase, les larmes remontaient. Parce que je pense que c'est le pire événement auquel nous ayons assisté. Parce que c'est nous qui étions visés. Nous. La jeunesse française, la joie de vie française, la culture française. Comme vous j'ai pensé mille fois "Ca aurait pu être moi". Pire encore "J'aurais pu y être avec mon père, avec mon frère". Et les larmes, et la torpeur, et plus le goût à rien. Et puis, je suis rentrée chez moi, j'ai pris le train dimanche, même si je n'ai pas eu le courage de passer par Paris. J'avoue, j'ai changé mon itinéraire, mais le temps viendra ou je reprendrais le train par Paris, promis. Je suis rentrée chez moi, j'ai retrouvé mon amoureux, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps en lui disant que j'avais eu si peur. Si peur. Ca aurait pu être moi, et a un jour près, ça aurait pu être lui. Ca aurait pu être tout nos copains. Et puis quelque part c'était tout nos copains. Nos "frères d'une autre mère". C'était la France, et c'était ma communauté. Le metal. Le rock'n'roll. Je sais bien que tous ces mots sont décousus. Je le sais. J'ai jamais eu l'âme d'une grande écrivaine, mais je crois que parfois "faut que ça sorte" je crois égoïstement, que je me sentirais soulagée d'avoir mis ça ici, car je ne vois pas comment je pourrais reprendre le blog sans me vider de ça. Dans le prochain article je reviendrais avec mes parenthèses en folie, mes "Bonjour les petits chats", mon sourire sur les photos et de la couleur aussi. Et j'espère que vous comprendrez que je ferai ça, non pas parce que j'ai oublié, mais parce que je ne veux pas me voiler de tristesse pour le restant de mes jours. Parce que moi qui me force tellement à voir le positif et à sourire, je veux que vous puissiez venir ici, et sourire. Avoir le coeur léger le temps de lire mes quelques mots, de regarder mes quelques photos. Et je continuerais comme avant, comme je vous conseille de le faire. Parce que même s'il est bien tôt pour dire que nous n'avons pas peur, il faudra se relever, et leur montrer que la France possède une culture, et une joie de vivre qu'il est impossible d'anéantir. Sur ces derniers mots, je m'en vais écouter "Kiss the Devil" de Eagles of Death Metal, parce que non, mes habitudes musicales ne changeront pas pour eux, ils ne m'enlèveront pas la musique. Je vous aime tous. Plus que jamais. Dans cet élan de solidarité, je vous aime. Et je veux vous voir sourire à nouveau.

2 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec toi, poser des mots sur ce qu'on ressent fait un bien fou ! Moi ça m'a (un peu) aidé à prendre du recul
    Mais je suis encore super choquée par tout ce que j'ai vu ce week-end, j'ai l'impression d'ailleurs d'être la plus touchée d'une grande partie de mon entourage ( hypersensibilité quand tu nous tiens ). Et finalement, se balader sur la blogosphère, ne pas trop voir l'acharnement des réseaux sociaux qui nous spam à coup d'images plus chocs les unes que les autres, à la recherche du buzz, et découvrir le ressenti que chacun a eu envie d'exposer sur son blog fait du bien, et on se sent moins seul dans cette torpeur
    Bonne journée à toi !

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  2. Rien d'autre a ajouter. Je nous aimes <3 .

    http://www.cent-defauts.fr/

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